Il
existe des dizaines de souches différentes de coronavirus
félins (FCoV). Il y a les coronavirus entériques
qui se multiplient uniquement dans les anthérocytes et
ont un pouvoir pathogène faible ou nul et les virus de
la PIF (FIPV) capables eux de se multiplier dans les macrophages.
Une des caractéristiques des coronavirus est leur fort
pouvoir de mutation. Ainsi un coronavirus entérique banal
devient pathogène par mutations successives.
Transmission
:
Elle
se fait par ingestion ou inhalation à partir de la salive
et des selles de chats infectés, soit directement de
chat à chat, soit indirectement à partir des gamelles
ou des litières. Les coronavirus sont très infectieux
: 95 à 100 % des chats en contact avec un chat infecté
sont contaminés en deux semaines. Le virus est excrété
dans la salive et les selles pendant plus de 8 mois après
séroconversion jusqu'à un maximum de 24 mois.
Environ un chat séropositif sur trois est excréteur.
Par contre les chats malades ne sont plus excréteurs
et les chats sains séronégatifs ne le sont pas
non plus.
Pathogénie
:
Un
coronavirus devient pathogène lorsqu'il est capable d'infecter
les macrophages. Il pourra donc circuler dans tout l'organisme.
Les symptômes dépendent des vaisseaux atteints
et peuvent concerner tous les organes.
Tous
les chats peuvent déclarer la maladie mais elle s'observe
surtout chez les jeunes animaux (de 3 mois à 3 ans) et
âgés (10 à 14 ans).
Le
chat doit être en contact avec un coronavirus pour déclarer
une PIF. Plus les chats vivent en nombre plus ils sont enclins
à développer des coronavirus qui peuvent muter
en PIF.
Le
stress est un des facteurs prédisposant le plus important.
Il peut être aigu : changement de propriétaire,
chirurgie, gestation ou chronique : chats en surnombre, introduction
de nouveaux chats, maladies concomitantes....
Selon
le Dr Addie, les chatons morts de PIF humide ont changé
de propriétaire ou subit une intervention un à
deux mois auparavant. Pour une PIF sèche cela se développe
plus lentement et apparaît jusqu'à 42 semaines
après le changement de propriétaire.
Deux
formes de PIF :
L'humide
: qui est due à un phénomène d'hypersensibilité
de type III : des complexes immuns se déposent sur la
paroi des vaisseaux sanguins, entrainant l'apparition de lésions
et la fuite des protéines plasmatiques vers les grandes
cavités (thorax, abdomen, enveloppes scrotales chez le
mâle entier etc...)
En
début d'évolution, l'épanchement abdominal
est parfois palpable avant de devenir invisible : les anses
intestinales deviennent glissantes à la palpation. La
maigreur et l'ascite sont parfois les seuls symptômes
notables. Généralement l'inflammation s'étend
aux organes abdominaux entrainant l'apparition d'autres symptômes
comme les diarrhées, les vomissements lors d'une atteinte
intestinale ;des ganglions mésentériques ou du
pancréas lors d'atteinte hépatique. Chez le mâle
entier l'épanchement peut envahir les enveloppes vaginales
du scrotum. Ces épanchements sont à confirmer
par ponction.
Forme
sèche : Elle est plus difficile à décrire
cliniquement, les symptômes sont différents selon
les organes atteints. Les dépôts d'immuns complexes
provoquent des infiltrations de cellules inflammatoires péri-vasculaires
en surface de l'organe et à l'intérieur de son
parenchyme. Ces infiltrations sont responsables de foyers de
nécrose tissulaire à l'origine du dysfonctionnement
de l'organe atteint.
Les
localisations sont les plus fréquentes aux yeux, le système
nerveux central et les organes abdominaux parenchymateux.
Les
lésions oculaires de PIF sont localisées dans
la tunique vasculaire de l'œil et se traduit le plus souvent
par une uvéite antérieure. C'est les 1/3 des formes
sèches avec ou sans signes, avec uvéites, avec
kératites, décollements rétiniens, névrite
optique.
Autre cause d'uvéite : traumatisme, infections virales
(Felv/Fiv), mycose profonde, toxoplasmose, infection bactérienne
générale ou de voisinage.
Autres signes cliniques: mortalité, infertilité,
lymphadénomégalie mésentérique,
masse pyogranulomateuse iléocaecocolique, pneumonie interstitielle
granulomateuse , gros rein palpable.
L'atteinte nerveuse se traduit par des symptômes nerveux
multiples, d'apparition progressive. Elle est fréquente
et elle est la seule expression clinique dans un tiers des cas.
Les lésions atteignent le système nerveux central
le plus souvent mais aussi la moelle épinière.
L'association uvéite - atteinte du SNC chez un jeune
chat est très évocatrice de la PIF. Une ponction
du LCR est indispensable pour faire le diagnostic des symptômes
nerveux.
L'atteinte rénale est représentée par une
néphrite pyogranulomateuse.
Biologie
:
hyperprotidémie
plasmatique (>80 g/l) : on recherche dans un premier temps
l'existence d'un artéfact comme une déshydratation
puis on effectue une électrophorèse pour connaître
la fraction de protides produite en excès. S'il s'agit
des gammaglobulines, la suspicion de PIF est très forte
mais cela peut être aussi si l'hyperprotidémie
est moins marquée une FIV.
liquide
d'épanchement (50 - 120 g/l) a PIF et envisagée
comme première hypothèse s'il s'agit d'un liquide
visqueux plus ou moins ambré et hyperprotidémique.
Il existe de nombreux causes d'épanchement donc il faut
systématiquement analyser.
sérologie
positive : pour toutes les techniques et le type de rendu de
résultat, le résultat de l'examen sérologique
ne permet pas de préjuger de l'existence d'une PIF. Certains
chat synthétisent beaucoup d'anticorps et d'autres non
sans être malade de PIF et la sérologie peut être
négative chez des animaux malades.
90
% des chats sont à un moment donné positif coronavirus
mais n'a aucune valeur pronostique.
Dépistage
de la PIF par le dr Corine Boucraut-Baralon
L'infection
par les coronavirus félins est aujourd'hui très
répandue que beaucoup d'éleveurs se posent la
question de l'intérêt des tests de dépistage,
par rapport au risque réel très faible de voir
apparaître une PIF.
Le
dépistage permet de savoir si un effectif est contaminé
ou non par un coronavirus. Si le chat est négatif, il
faut le laisser dans un environnement négatif mais surtout
l'éleveur doit prévenir lors de la vente de chatons
des risques encourus par un chaton négatif qui sera mis
en contact avec un animal excréteur de coronavirus. De
nombreux cas de PIF sont décrits chez ces animaux négatifs
qui après une primo-infection par un coronavirus entérique
banal et à la faveur du stress (changement de milieu)
vont développer rapidement la maladie, pouvant faire
penser qu'il vaut mieux finalement vivre avec du coronavirus
dans son élevage plutôt que sans.
Si
l'effectif est contaminé il faut isoler les animaux fortement
excréteurs et les excréteurs chroniques ; de sélectionner
les animaux plutôt résistants à l'infection.
Ce protocole est nécessaire que pour des effectifs où
il y a eu des cas de PIF en collectivité.
Les
moyens de dépistage :
deux grands types de moyens sont disponibles et sont complémentaires
:
méthode
indirecte : la sérologie qui permet de détecter
la présence d'anticorps dirigés contre les coronavirus
= tests rapides d'imuno-migration (tests qualitatif), immunofluorescence
(tests quantitatifs), tests ELISA et tous ces tests diffèrent
d'un laboratoire à un autre, d'où l'intérêt
de faire les tests toujours au même laboratoire.
méthode
directe : test par PCR (RT-PCR) qui recherche le génome
des coronavirus dans les fèces ; cette méthode
est très sensible donc elle permet de détecter
la présence de très faibles quantités de
virus. Pour évaluer le statut d'excréteur chronique,
il faut faire le test plusieurs fois sur plusieurs moi d'intervalle.
Des tests sur des chatons qui viennent d'être vaccinés
n'apportera rien vu que la charge virale lors de la primo-vaccination
est plus importante que sur des adultes et n'a aucune valeur
prédictive sur l'apparition de la maladie.
Ces
tests de dépistage n'étant pas spécifiques
des FIPV, il n'est pas recommandé de les utiliser en
première intention mais seulement lorsque des éléments
cliniques, hématologiques et biochimiques sont très
en faveur d'une PIF. La sérologie est très peu
informative en raison du risque des faux positifs liés
par une infection des coronavirus entériques bénins.
L'intérêt de la RT-PCR est assez contreversé
car cet examen fait ressortir trop de faux positif. La PCR peut
s'avérer un outil très utile pour confirmer un
diagnostic de PIF mais son utilisation n'exclue pas une démarche
diagnostique rigoureuse.
Intervention
du Dr Addie qui a fait l'effort de faire sa présentation
tout en français.
Conscience
et connaissance du mécanisme d'infection :
Il
y a souvent dans le cas de PIF dans une portée de chatons
: diarrhée à 5 à 7 semaines, chatons de
formes inégaux, quelques fois maladie respiratoires.
La
PIF arrive souvent après un stress donc il faut réduire
tout stress et ce stress peut être causé par un
changement de maison, modification au sein de l'habitat, trop
de chats, les chats vivants en chatterie, une chirurgie, gestation
et lactation etc ...
La
durée d'incubation est de 4 semaines. Par mesure de prévention,
avant une chirurgie, on peut faire un test sanguin pour voir
si le chat n'est pas incubateur de coronavirus et si le test
est positif reculer l'intervention dont le stress pourra provoquer
une PIF.
Les
chatons sont protégés par la mère pendant
5 à 6 semaines. Le virus peut vivre pendant 7 semaines
dans une litière et dans les matières fécales
le virus est actif deux jours.
Il
faut appliquer constamment les règles d'or de l'hygiène
en lavant rigoureusement à la javel les objets, litières,
sol qui peuvent être infectés.
Si
on détecte un cas de PIF, il faut isoler les chats excréteurs,
les non excréteurs, les non excréteurs devenant
excréteurs et les excréteurs qui deviennent négatifs
et ainsi de suite, en renouvelant les tests et pouvant faire
des groupes selon le quatre catégories.
Actualités
en matière de vaccination contre la PIF par le professeur
Marian C. HORZINEK qui a fait aussi l'effort de parler en français
en nous faisant également beaucoup d'humour.
Quelques
rappels : les coronavirus se présentent sous deux formes
de génotypes et sérotypes. Les coronavirus induisant
la PIF sont des mutants de délétion qui se développent
in vitro chez des chats infectés individuellement et
cela peut apparaître de façon variable : quand
l'immunité à médiation cellulaire est supprimé
(lors de surpopulation, d'infection Felv ou Fiv). Les mutants
du coronavirus sont rarement excrétés et transmis
et ne peuvent généralement pas causer des épidémies
mais provoquent des PIF quand ils sont injectés à
des chats (naïfs ou séropositifs)
Les
infections à coronavirus des chatons entrainent une réplication
virale dans la partie distale du tractus intestinal pouvant
conduire à une diarrhée modérée
ou pas de symptômes du tout, cela peut persister des mois
et produire des séroconversions (mais pas toujours).
La
PIF est une coronavirose non contagieuse le plus souvent qui
apparaît individuellement sur des chats infectés
persistants par le coronavirus félin à la suite
des mutations génomiques : plus il y a de virus circulant
chez un chat, plus le risque est grand et il y a beaucoup de
réplications virales chez un chat immuno-déprimé
(par le stress territorial, les infections rétrovirales...)
Un
vaccin aurait été mis au point au Japon mais il
ne concerne pas les coronavirus présents en europe, un
groupe de chercheurs dont fait partie le professeur Marian C.
HORZINEK travaillent sur la souche européenne du virus
plus résistante mais ce vaccin qui ne verra malheureusement
pas le jour pour l'éleveur avant 5 à 6 ans malgré
de très gros progrès et des résultats prometteurs.